Ceci n’est pas de l’urbanisme

Jafar Panahi accroupi sur tapis du salon dans lequel il conçoit un film expérimental. Extraite du film documentaire "Ceci n'est pas un film" (2011)

Le réalisateur Jafar Panahi dans le film documentaire iranien de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb, Ceci n’est pas un film (In Film Nist). KANIBAL FILMS DISTRIBUTION

De dos, le réalisateur Jafar Panahi filmant Téhéran de son balcon dans "Ceci n'est pas un film" (2011) de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb

Ceci n’est pas un film de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb © Kanibal Films Distribution

Je me souviens…

Je me souviens très  bien de l’émotion ressentie devant le  film de Jafar Panahi « ceci n’est pas un film »  (2011), alors qu’il est enfermé par le  gouvernement iranien, il tourne cet acte à  la fois désespéré et ludique de résistance, sur le tapis de son salon, capte des vues, des ambiances de Téhéran depuis sa fenêtre. Et ceci, malgré son titre, est du cinéma. Il s’imprime en nous comme tel.

La mémoire de ce film surgit à présent, tandis que je ne sais plus très bien ce que je fais, si même si je sais encore faire quelque chose qui ait à voir avec mon exercice professionnel d’avant la pandémie et ses confinements.

A quoi se confronter, quels dispositifs inventer, dans le présent de cette mise à distance des terrains, des espaces publics et de leurs usagers, qui semblaient ces dernières années être objet, sujet, finalités de mon travail ?

Pour dire vrai, je ne crois pas savoir renoncer à une disposition qui  fait interagir sans cesse et indissociablement deux registres d’exploration : du très matériel, du manuel, du sensible – s’occuper les yeux, les mains…, marcher – et de la réflexion, de la formulation, de la recherche par les mots, les représentations graphiques.

C’est pourquoi sans doute je me suis vite réfugiée, sans préméditation -je ne sais si c’est le bon terme- dans le dessin et le piano, en ce qu’ils étaient à la fois des phares de l’enfance, de l’apprentissage premier et un antidote à la sidération de la mise à l’arrêt.

S’il n’y a pas eu préméditation, toute la place -trop ?  – est à présent donnée à la post-méditation. Mais cela, sans orientation, sans perception d’un objet, d’une  visée précise.

Parlo d’amor’ [delle città] con me/se…

L’intérêt se pose donc d’inventer des dispositifs, des exercices d’urbanisme intérieur (?!)  ou de micro-localité, quand de bien-nommées fenêtres réglementaires le permettent.

Pour paraphraser le Cherubino des Nozze di Figaro, faut-il se parler à soi-même des villes, pour provoquer des sujets à venir commun de réflexion avec les autres ? …

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